Hédin Luc - Art Japon | Les Onna-Bugeisha : femmes samouraï des temps passés…
Luc Hédin, expert en Arts japonais depuis 2005, spécialiste en arts médiévaux & arts décoratifs japonais.
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11 Nov Les Onna-Bugeisha : femmes samouraï des temps passés…

Les Onna-bugeisha (女武芸者) étaient des femmes guerrières appartenant à la noblesse japonaise, qui n’hésitaient pas à s’engager aux côtés des hommes sur les champs de bataille.

femme-samourai-japon-2Membres de la classe des samouraïs, les bushi (武士), dans le Japon féodal, les Onna-bugeisha ont été formées à la pratique des armes pour protéger avant tout leur ménage, famille et conserver leur honneur en temps de guerre.

S’il y a trois noms à retenir, c’est sans aucun doute ceux de Tomoe Gozen (1157-1247), Hōjō Masako (1156-1225) et Nakano Takeko (1847-1868), femmes guerrières qui ont su marquer leur époque !

L’origine des Onna-bugeisha

Bien avant l’émergence de la classe des samouraïs, les guerriers combattants japonais étaient entraînés à manier le sabre (wakizahi, katana) et la lance (yari). (n.b. aucun texte ne prouve que la gente masculine avait l’exclusivité de l’usage de ces deux armes).
Les femmes souhaitant combattre ont quant à elles appris à utiliser le naginata, le kaiken, et l’art de tantō. Une formation « nécessaire », puisqu’elles ont pu assurer la protection des communautés et venir en soutien dans les rangs de combattants masculins.

Femme samourai art japonD’ailleurs, selon le récit du Kojiki (« Chronique des faits anciens »), une de ces femmes, plus tard connue sous le nom d’impératrice Jingū (c. 169-269 ap. J.-C.), a su utiliser ses compétences, pour agir sur le cours de l’histoire en menant l’invasion historique de la Corée en 200 apr. J.-C. après que son mari l’empereur Chūai (14e Empereur du Japon) ait été tué dans la bataille…. et selon la légende, elle aurait su mener la bataille sans verser une goutte de sang !

En dépit des controverses entourant son existence et ses accomplissements, Jingū fut un parfait exemple de l’Onna-bugeisha, car au-delà de ses compétences martiales, elle a pu transcender les structures socio-économiques du Japon.
En 1881, l’impératrice Jingū est d’ailleurs devenue la première femme à figurer sur un billet de banque japonais.

Samouraïs… pas seulement une histoire d’hommes

Femme samourai art japonAlors que la guerre fait rage entre les deux principaux clans du Japon : celui des Taira contre celui des Minamoto (période Genpei (1180-1185)), une femme samouraï a su se démarquer.
En effet, le fameux récit du Heike Monogatari racontant les faits des plus valeurs samouraïs, parle d’une certaine Tomoe Gozen, femme-serviteur de Minamoto Yoshinaka du clan Minamoto. Elle l’aida à se défendre contre les forces de son cousin, Minamoto no Yoritomo.
Au cours de la bataille d’Awazu, le 21 février 1184, elle entra dans les forces ennemies, se jeta sur son plus puissant guerrier et le décapita. Une Onna-bugeisha efficace !
Mais pas uniquement… car dans le Heike Monogatari, elle était aussi décrite comme « particulièrement belle, avec la peau blanche, les cheveux longs, et dotée de traits charmants ».

Femme samourai art japonTomoe Gozen était une guerrière reconnue aussi bien dans le maniement de l’arc que le sabre, capable, dit-on, « d’affronter un démon ou un dieu, montée ou à pied ».
Une femme samouraï tellement réputée que chaque fois qu’une bataille était imminente, Yoshinaka l’envoya comme son premier capitaine, munie d’une armure, d’un sabre surdimensionné et d’un arc puissant.

Tomoe Gozen fut un personnage clé dans le développement de la classe des guerriers des années qui suivirent, et apporta beaucoup aux écoles traditionnelles de Naginata. Ses actions marquèrent tellement l’histoire du Japon qu’elle fut régulièrement citées dans les récits historiques et représentée en peinture.

Femme samourai art japonPlutôt naginata que sabre

Contrairement aux katana utilisés par les samouraïs masculins, l’arme de choix préférée des Onna-bugeishas était la naginata, arme polyvalente à lame courbée.
L’une des raisons principales est qu’étant longue (jusqu’à 2m), elle peut contrer à distance la force et les estocades d’adversaires masculins. De plus, elle est également relativement efficace contre la cavalerie.

Les femmes samouraï se sont donc emprises de la naginata et de nombreuses écoles de formation ont été créées par des femmes.
L’une des fameuses représentantes de cet art fut Nakano Takeko qui participa à la guerre de Boshin, mais qui mourut tuée par une balle tirée par les troupes d’Ōgaki.

Ce court focus permet donc de montrer que les femmes furent des éléments clés de l’histoire nippone. Un sujet que je retraiterai plus tard sous l’angle esthétique et décoratif.
Article traduit et adapté de l’anglais (source)

 

 

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